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17 SEMAINES DANS LA RÉDACTION GRAZIA : JE VOUS DIS TOUT

La mode, ses strass, ses vêtements de rêves, ses apparats luxuriants et ses événements prestigieux, qui n’en a pas rêvé ? Pourtant l’envers du décor ne m’a pas toujours fait sauter de joie. Comme de nombreuses filles de ma génération, j’ai grandi en habillant mes Barbies, en customisant leurs looks ultra branchés et en gribouillant des croquis sur ce fameux jeu ludique « Dessinons la Mode », pensant qu’être styliste n’était pas bien plus compliqué que ça, et qu’il ne me faudrait pas 30 ans avant d’obtenir le poste de « Nigel » dans Le Diable s’habille en Prada. (rire) Ce n’est pas franchement comme ça que mon avenir s’est construit.

Mes proches savent combien mes débuts n’ont pas toujours été rose. Après avoir suivi une formation de designer de mode, je me suis redirigée, depuis maintenant deux ans, dans une filière axée sur le Marketing de la mode et du luxe. Je n’arrivais pas à me projeter dans un cursus de stylisme. Bien que les préjugés sur le débouché d’études soient déjà très négatifs, lorsque l’on ne nait pas du milieu, ou que l’on ne s’entoure pas forcément des bonnes personnes, la poursuite est d’autant plus complexe. Et puis je ne me projetais pas en tant que styliste. Autant j’adore m’habiller, autant concevoir une collection pour quelqu’un d’autre est une chose complètement différente, beaucoup plus compliqué que ce que l’on peut croire. A fortiori, je me suis donc entourée de mes meilleurs professeurs, qui ont su me conseiller quand à ma « reconversion ». Je pense à monsieur Guillaume Clerc, en autre, professeur de design, qui a éveillé mon esprit quant au journalisme de mode. Bien loin de mes pensées, et après de nombreuses conversations avec l’ensemble de mon entourage, j’en suis arrivée à la conclusion suivante : l’écriture, la rédaction, MA véritable passion. Je ne me l’étais jamais avouée, pour tout vous dire. On croit être sur le bon chemin, et puis, un matin on se réveille, sûr de ce nouveau choix. C’est en tout cas ce que je me répète chaque matin… Je dévorais depuis tant d’années diverses magazines à la renommée internationale, m’intéressais à divers profils journalistiques. Je pense, en autre, à Garance Doré, célèbre bloggeuse française installée à New York. Je me suis posée mille questions sur le métier de rédactrice de mode! J’y ai trouvé de nombreuses réponses dans l’interview qu’elle a réalisé de Chioma Nnadi. Peu à peu, je me construisais une culture journalistique, sans vraiment m’apercevoir des choses…

Alors l’aventure prend peu à peu forme…

J’intègre très vite le webzine culturel Untitled Magazine, dans lequel certains d’entre vous on sans doute pu me découvrir. Tout va très vite, je suis à la rédaction de la rubrique de mode, je fais connaissance avec de nombreux attachés de presse, et je me fraye un chemin, petit à petit, tentant de me faire connaître des principales agences de communication de la capitale, notamment celles des prestigieuses maisons de couture. C’est un carton plein. Avec de la persuasion, de l’objectivité et de la volonté on parvient à de grandes choses, croyez-moi. Et l’important est de ne jamais baisser les bras. En mars 2017, je tente ma chance auprès de l’édition française, du magazine italien, GRAZIA. Je rédige un mail à la rédactrice en chef web, Florence Santrot, et lui transmets mes motivations pour intégrer la rédaction, pour une durée de 4 mois. Vous l’aurez donc compris, vient la période du stage, et il n’était pas question pour mois de l’effectuer dans un autre domaine que celui du journalisme de mode. La première galère dans ce monde, c’est évidemment de trouver un stage. Dans le milieu de la mode, c’est une vraie plaie : les places sont chères et il est difficile de trouver une boîte qui daigne nous répondre. A ma grande surprise, je n’ai pas eu besoin de faire du matraquage téléphonique pour obtenir une réponse, qui s’est avérée être positive.

Aux portes de mon rêve…

Le 2 mai 2017, je poussais les lourdes portes des éditions Mondadori, accueillie par une équipe vraiment sympathique. La boule au ventre, je ne m’attendais pas à tomber sur des personnes aussi compréhensives et aidantes.

« J’ai été attirée par Grazia parce que c’est un magazine que j’ai vu grandir. »

Pendant ces quatre mois, j’avais à disposition un bureau, mon ordinateur, et des montagnes de magazines autour de moi. Un petit rêve éveillé. J’appréhendais ce premier jour, comme un premier jour au VOGUE US. Ce qui est bien, c’est que je n’ai pas eu le temps d’être angoissée, tout a été très vite. C’est Paris ! J’ai couru la veille pour m’acheter une tenue descente pour ce premier jour, parce que je ne trouvais « rien à me mettre »  et c’était vraiment pas possible. J’ai très vite été intégrée à la rédaction, et je m’y sentais bien. Chaque jour, nous avions l’objectif de rédiger 3 à 4 articles, tout dépendais des informations que l’on recevait ou non chaque jour. J’ai pu écrire sur différents sujets, des sélections shoppings, en passant par différentes actus de mode… Il n’y avait pas vraiment de journée-type chez Grazia, cela dépendait. Mais par exemple, j’ai pu travailler sur un papier le matin, puis ensuite rédiger un article de fond, avec une interview téléphonique à l’appuie l’après-midi. Tout était aléatoire. Pendant la fashion week, par exemple, nous rédigions des articles sur les différents défilés. Mon premier papier à propos d’un défilé a été un peu stressant. C’est beaucoup de pression parce qu’on sait que notre opinion a du poids. Ce que l’on transmet, c’est le point de vue de Grazia. Pour améliorer ma qualité rédactionnelle, j’ai lu. Cela va de soit. Ça semble très simple dit comme ça, mais la lecture aide toujours à l’écriture. Il faut avoir un point de vue. Pour écrire, il faut avoir quelque chose à dire. Et travailler à Grazia m’a poussée à toujours essayer de comprendre ce qui faisait que le sujet dont je parlais était important aujourd’hui, pour en tirer quelque chose de juste. Tout au long de ce stage, j’ai appris à gérer la pression des deadlines, je faisais mon maximum, et je me disais tous les jours que j’avais un job que j’adorais vraiment, et que des milliers de filles rêveraient d’être à ma place. Je me donnais à 300% pour réussir au mieux les missions qui m’étaient attitrées.

Une des parties les plus importantes dans mon travail a été de proposer des idées à la rédaction. Il faut échanger des points de vue. Parfois on a le début d’une idée et c’est en en parlant autour de soi que l’on peut former un sujet. C’est un processus collaboratif. Bien sûr, proposer des idées, c’est un peu angoissant – on a toujours peur d’être complètement à côté de la plaque. Souvent on arrive avec dix accroches, et seulement une seule pourra prendre forme. Tout est sujet à l’écriture. Je passais des heures à faire le tri, à recouper les informations, à les utiliser comme accroches, ou plutôt comme références… Alors soucieuse de proposer parfois des choses particulières, je naviguais de blog en blog à la requête de différentes inspirations. Si je dois retenir un point qui m’est apparu comme extrêmement difficile c’est la frustration. Je pense que l’on a toujours envie d’écrire l’article parfait, mais quand on travaille pour un mensuel ou un quotidien, comme le site web, on est obligé de se plier aux exigences du temps. Pas toujours facile, lorsqu’on se soucie énormément du détail, comme moi.

« On est choisi pour ce que l’on apporte, pas pour ce que l’on pourrait devenir. »

Ce que j’ai particulièrement apprécié, ce sont les découvertes. J’aime beaucoup parler de jeunes designers que l’on ne s’attendrait pas à trouver dans un Grazia, ou un Glamour, par exemple… C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai commencé à lire le Grazia. Et il y a aussi le fait que je suis vraiment une accro à la mode, et pour moi le simple fait d’être dans un environnement où je peux dire des choses comme : « Que penses-tu de ce nouveau jacquard ? Ou de sa dernière collection croisière ? » et être entourée de gens aussi obsédés par la mode que moi, c’est vraiment un bonheur. On ne sauve pas des vies, on ne parle pas de politique. On parle de chaussures, de robes, de sacs à mains, de chapeaux… C’est un tout autre milieu, mais tout aussi intéressant. J’admire surtout le travail de ces mordues de la mode, de ces gens aussi passionnés que moi, en termes d’histoire. J’ai eu l’occasion de vivre un véritable photoshooting, et de rencontrer des professionnels en terme de photographie, de stylisme, de mannequinat.. Je me sentais comme un poisson dans l’eau, et je ne saurai comment vous transmettre la joie et l’effervescence que j’ai ressenti lors de cette journée entière de photoshooting. En quatre lettres, Rêve.

Grazia, mais après…

Il n’y a pas à dire. Travailler dans un magazine comme Grazia est un véritable tremplin. Les portes s’ouvrent. On travaille avec des gens exceptionnels, très inspirants. On apprend énormément. Je n’ai jamais autant appris que chez eux. J’ai eu l’occasion d’interviewer le rédacteur en chef, Joseph Ghosn, à la rédaction depuis 2014. Un homme au parcours très intéressant et fulgurant. J’ai pu me forger une idée d’un parcours type en journalisme, et de ce qui potentiellement m’attendrait par la suite… C’est toujours intéressant de recueillir l’avis de personnes expérimentées. Dans ce milieu, on est choisi pour ce que l’on apporte, pas pour ce que l’on pourrait devenir. C’est très excitant, mais c’est aussi beaucoup de pression. C’est un milieu unique, mais très spécial. Aujourd’hui, certaines personnes qui veulent travailler dans ce milieu me demandent souvent comment j’ai commencé, et ma réponse est toujours « Est-ce que tu lis ? ». J’ai toujours été attirée par la littérature française et anglaise. Et bien évidemment, par les magazines comme Vogue, mais aussi Elle, Numéro, L’Officiel… C’est important de penser d’abord à ce que l’on aime, et ensuite comment commencer dans le milieu de la mode. Si j’ai un conseil à donner, faites une liste. Oui, une liste des endroits où vous rêveriez de bosser, c’est le meilleur moyen de commencer dans un environnement qui vous inspire. Une expérience qui réconfortera et ravira certaines bloggeuses, qui comme moi, rêvent de rejoindre la rédaction d’un grand magazine….

XOXO, affaire à suivre…

 

 

 

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